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samedi 25 mars 2017

Vers un semi érotique ?

Il est 22h, nous sommes à J-7 d'un semi de Colomiers que je me dois de ponctuer de toute une série de personal records et je suis en train de finaliser mon inscription sur internet. "Cette course  va entrer dans la légende, j'en suis certain", me dis-je.

Alors que je suis perdu dans mes pensées  et mes rêves de victoire, mon regard est attirer par mon numéro de dossard : 

69

-"semi érotique".
Je me surprends à fredonner ces deux mots, accompagnés d'une mélodie Gainsbourienne bien connue, que je teinte d'un soupçon d'accent britannique.

Mais oui, je n'ai pas la berlue. Les organisateurs, ainsi que le logiciel d'inscription, ont tout de suite compris le potentiel sensuel qui se dégageait, de façon quasi animale, du régional de l'étape, Dembé Dembé, le Kenyan Columérin.

Il est vrai qu'affubler de mes bas de contention je ne  laisse pas les spectatrices et spectateurs insensibles, je l'ai bien remarqué. A moins que je n'opte pour des soquettes laissant apparaitre des mollets impudiques.


Jusque-là ma relation à cette pratique sportive penchait surtout du côté d'un sado-masochisme revendiqué, mais aujourd'hui, je suis plus soft, tel un film du dimanche soir sur M6, de la grande époque, que les moins de 20 ans (30 ans ?) ne peuvent pas connaitre.

Je penserai à vous, lecteurs, lorsque je me scotcherai les tétons la semaine prochaine...pour éviter tout frottement douloureux avec mon t-shirt technique.
Je n'hésiterai pas non plus à raccourcir mon short pour la bonne cause et la Bande Originale de ma course sera composée par Pierre Bachelet.

 Mes amis, ce dossard va me galvaniser et me permettre de booster mes performances et d'accomplir des prouesses.

Et surtout ne soyez pas surpris, voire choqués, lorsque postés au bord de la route, le 69 vous fera de l’œil.  En tout bien tout honneur.




samedi 11 février 2017

Consécration - saison 17 épisode 42

Il est 9h42, en ce samedi matin grisâtre, dans la périphérie toulousaine, environ 3 mois et demi après ma déconvenue d'un marathon de Toulouse interminable. Ma terrasse donne sur un hangar qui abrite un A380 en pleine révision (probablement la vidange des 15 000 kilomètres ou un changement d'essuie-glace). Je sirote un café décaféiné, ce qui lui enlève toute son âme et son sel, lorsque j'entends le facteur glisser, discrètement, sous ma porte, un journal local voire municipal.

- "Ah tiens c'est le Columérin". Me dis-je dans un accès (rare) de lucidité. Il serait temps pour moi, d'ailleurs, de reprendre contact avec mes concitoyens que je fuis depuis ma déconfiture du mois d'octobre.

- "Non, arrêtez ! N'essayez pas d'être gentils avec moi !". J'ai profondément déçu toute une ville, tout un peuple qui croyait en mes chances et en ma victoire, sur un peloton de coureurs africains que j'aurais réussi à dominer dans un finish hallucinant et plein de rebondissements.

Mais non, au lieu de ça je me suis pris les pieds dans un t-shirt trop grand et dans des ambitions XXL. La vie de sportif est trop dure, alors j'ai passé ces dernières semaines reclus dans mon appartement, évitant tout échange avec mes voisins, mes collègues, ma famille, mes compatriotes.

En ce début de week-end, je suis encore en train de me vautrer dans ma déception lorsque le ciel, tout à coup, me laisse entrevoir une éclaircie, revigorant une météo intérieure qui était proche de la dépression.

- "Mais c'est moi" !
- Oui Dembé Dembé. Colomiers n'est pas rancunier et c'est bien toi qui est mis à l'honneur, page 10 (le meilleur emplacement selon les professionnels), dans le canard du coin. J'ai espéré, quelques secondes, qu'une erreur de frappe ne transforme mes 4h39 en 3h39, ou mieux 2h39...mais non. L'intégrité journalistique du Columérin n'est certainement pas à remettre en cause.

  (oui, je sais, c'est flou)

Ouf. Je peux enfin ressortir mes baskets et croire, de nouveau, en de futurs exploits. C'est la consécration. Les gens me sourient dans la rue, et j'entends  des "Dembé ! Dembé !" retentir dans mes oreilles, à moins que ce ne soit un chien qui jappe...

"Ok, mes amis ! Je suis chaud" !
Ces quelques semaines d'introspection m'ont décidé à changer mes habitudes en matière d'entrainement. Premièrement, j'ai viré mon ancien coach (moi-même), pour engager quelqu'un de plus compétent...ou plutôt quelque chose. Oui je suis, dorénavant, épaulé par un objet connecté que je serre habituellement autour de mon poignet, et qui, accessoirement, donne l'heure, le GPS, le cardio-machin-truc et me réveille le matin. Je sais, je ne me refuse rien.

Mais surtout, j'ai trouvé un nouveau mentor dont le discours et l'accent québécois raisonnent avec bonheur à mes oreilles. Ecoutez-ça :


Tabernacle ! Mais oui c'est ça ! Il faut courir lentement ! Ok, je reprends tout à zéro, et je fais du 2 à l'heure.

Si vous me voyez trottiner dans la rue, n'hésitez pas à marcher à côté de moi, ou à me dépasser, je ne le prendrai pas mal. Les enfants, les papis, les mamies, prenez vos déambulateurs et rejoignez-moi dans cette farandole poussive.

Quitte à stagner dans ma pratique, autant assumer jusqu'au bout.

Les plus grands spécialistes vous le diront, pour progresser, il faut développer son....
endurance fondamentale !!!!!


samedi 24 septembre 2016

Comment mon auto-entreprise ne connait pas la crise (ou ma vie de marathonien)

Ok, c'est sûrement le pire titre d'un article de blog de running mais mes lecteurs cinéphiles auront, bien sûr, reconnu cette double référence, à la fois à Pierre Jolivet et à Arnaud Desplechin. Il y a un des deux réalisateurs que je préfère largement à l'autre. Devinez qui ? Un indice : je suis un gros bobo et j'ai été abonné aux Inrocks quand j'étais jeune....C'est Desplechin.

Bon, je pense que j'ai déjà perdu les deux lecteurs qui ont, par mégarde, cliqué sur ce lien. Ok, ok, je fais référence, dans ce titre génial, à "Ma petite entreprise ne connait pas la crise", bien sûr, et à "Comment je me suis disputé (ou ma vie sexuelle)". Le deuxième clin d’œil est plus subtil, je vous l'accorde.

Oui, bon d'accord mais pourquoi ?

Eh bien tout d'abord, et pour en revenir aux basiques, parce que je suis en pleine préparation du marathon de Toulouse que je devrais "disputer" pour la deuxième fois de ma vie de coureur (la première fois c'était il y a deux ans).

La preuve, ce matin je me suis fait une bonne vieille sortie longue de 2h30 et de 26 km, ça calme pour le w-e.


Et oui la vie de marathonien n'est pas facile parce qu'elle est souvent compliquée à conjuguer avec le reste. Le côté chronophage, voyez-vous....Cela bouffe un temps fou. Et par dessus le marché ma vie professionnelle s'est enrichie d'une nouvelle activité. Je suis toujours projectionniste (à 80%) mais j'ai un nouveau boulot depuis 1 an et demi.

Attention , roulement de tambours, je retranscris le contenu de réunions  afin d'en dresser des procès-verbaux. Un peu comme un greffier. C'est complètement improbable, je sais, mais cela marche plutôt pas mal, à tel point que je me suis mis en auto-entrepreneur. On me refile de plus en plus de dossiers et je dois sacrifier certaines activités, comme ce blog que j'ai tendance à déserter. Il me faut faire des choix pour pouvoir continuer à courir.

Par miracle, ce w-e, pas de boulot, pas de dossier à retranscrire, donc j'en profite pour faire le point et essayer de rédiger quelque chose sur ce blog.
En tout cas, pas question de brader ma préparation...enfin, si un peu quand même, je voulais passer à 4 sorties par semaine mais je n'y arrive pas, alors je reste à 3, avec une sortie de plus en plus longue le w-e. Ça devrait passer. J'espère finir l'épreuve du 23 Octobre prochain, en meilleur état qu'à Bordeaux en avril dernier, et flirter avec les 4 heures, voire les 3h59 (la différence est énorme).

Ah tiens, je vous ai dit que j'avais couru le semi-marathon de Toulouse la semaine dernière ? Ben non, je n'ai pas eu le temps.

Cette course est un peu spéciale pour moi. J'y ai participé il y a deux ans et elle a marqué mon entrée dans le monde de la course à pied. Je portais un dossard pour la première fois et je finissais en 1h58, à la ramasse.

Dimanche dernier, donc, je remettais le couvert sur ce parcours que je connais un peu. Les sensations n'ont pas été mauvaises et je l'ai conclu en 1h50. Je savais que c'était ce que je valais, sans préparation spécifique, sur cette distance. J'étais content de constater que je concluais ce semi dans un état tout à fait acceptable. Pas de douleur ni de grosse fatigue. Avec 4 kilos de perdus depuis avril, c'est plus simple.


Voilà, voilà...j'ai fait le tour de la question pour aujourd'hui. Je crois que je vais me poser sur le canapé...c'est bon de ne rien foutre quand même, surtout quand on a couru 26 km.


samedi 18 juin 2016

Retto

Après plus de deux mois d'absence, je reviens faire un petit coucou sur ce blog que j'ai un peu déserté. Il faut dire que dans ma vie de runner il ne se passe pas grand chose. Je continue à faire (à peu près) mes trente bornes par semaine mais je n'ai aucune course en vue, d' ici à septembre, je pense.

Pas de dossard à l'horizon. J''ai le running apaisé sans aucune préparation en cours. Je suis libre, quoi.

Le seul micro-évènement que je pourrais raconter, aujourd'hui, concerne un magasin espagnol de cyclisme et running ( c'est tout nouveau). Retto. Je  me suis vu  proposé  la rédaction d'articles  sur leur blog français. J'ai quelques avantages en contrepartie : mon poids en chorizo, une résidence secondaire sur la côte Basque et une roue de bicyclette.


Je ne souhaite pas faire dévier mon blog vers un quelconque mercantilisme, même si je fais un peu de pub dans ce petit billet, mais je ne suis pas contre certaines collaborations, surtout si cela me permet de devenir rédacteur, en quelque sorte, d'un blog de running (on dit pareil en espagnol). Cela se veut très généraliste et ça me va bien comme ça.

Ici, c'est plus personnel, je peux parler de mes ampoules sans aucune honte. Ce sont mes ampoules à moi et je fais ce que je veux avec.

Voilà c'était ma leçon de vie du jour. Peu importe la marque de tes baskets, c'est au nombre d'ongles sacrifiés que l'on mesure les kilomètres avalés. Je n'ai pas encore la traduction en espagnol, mais je vais me renseigner.