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dimanche 3 septembre 2017

L'Ultra Trot du Macadam de Colomiers 2017 (L'UTMC quoi )

Il est 10h14 en ce dimanche 3 septembre, je suis sur la ligne de départ lorsque je reçois un SMS de mon ami François D'haene, fraichement vainqueur d'un UTMB mémorable, "Good Luck". J'ai la larme à l'œil, il ne m'a pas oublié.

Je lui avais bien proposé de participer à notre UTMC, mais il m'avait répondu qu'il préférait participer à un épreuve 17 fois plus longue, avec 10 000 mètres de dénivelé en plus. Soit. Et puis il avait un compte à régler avec un certain Kilian, une sorte d'espagnol nudiste qui commençait à le chauffer sévère.

Ok ok, François, je comprends, mais sache que l'Ultra Trot du Macadam de Colomiers t'accueillera toujours à bras ouvert, même si ta licence n'est pas à jour.

Je suis donc dans les meilleurs dispositions pour mener un train d'enfer à tous mes adversaires sur ce 10 km légendaire, surtout s'il y a dans le peloton des espagnols (bretons).



10h15 : Bim ! Une foule de 900 coureurs s'élance sur le bitume Columérin dans une communion quasi mystique. Cet Ultra Trot s'annonce exceptionnel. J'y ai aperçu des visages célèbres dans le milieu du sport de haut-niveau. Il y a Momo qui bosse à l'imprimerie, Dédé du restaurant administratif, Lulu de la compta, et moi du service cul-culturel.

10h16 : Je suis un peu essoufflé

10h17 : Salut ! Je fais signe à un spectateur qui fréquente l'établissement dans lequel je travaille. Il m'interpelle : "alors ce nouveau cinéma c'est pour quand ?". Merde. Je perds 3 minute à lui expliquer tout le cheminement juridique et administratif avant l'aboutissement du projet.

10h22 : Il est où le ravitaillement ?

-Ellipse-

11h03 : Je m'écroule dans les bras du speaker en franchissant la ligne d'arrivée.

48 minutes. Bam ! Alors ils sont où les espagnols ????



                                                (Au coude à coude avec un espagnol)


Presque 2 minutes de mieux que l'année dernière. D'autant plus que ma montre me dit qu'en vrai j'ai mis 47 minutes. Cela serait trop long à expliquer mais il y a toujours ce petit décalage qui me déboussole.

Il faut que j'envoie un texto ou deux à François D. "Salut François, moi aussi j'ai fait une perf".

Puis : "Je suis un ultra trotteur".

Et enfin : "Gracias".


Hasta la vista. Merci Colomiers et à l'année prochaine !






samedi 8 avril 2017

Le semi érotique de Colomiers

Il est 8h en ce dimanche 2 avril, je suis devant la glace et j'essaye mon 5ème t-shirt, à la recherche de la tenue parfaite, celle qui me fera briller au sein d'un peloton à l'esthétisme des plus sages. J'ai décidé de faire honneur à mon dossard 69 et de mettre tout en œuvre pour exploiter un sex-appeal inné.

Un T-shirt transparent ? Euh...Ma foutue timidité me rappelle à l'ordre. "Dembé, si ta mère te voyait quand même". Euh ouais...ça craint.

La mort dans l'âme, j'opte pour un bon vieux t-shirt gris. Je n'ai pas trouvé plus coloré dans ma garde robe running. Pas de fluo, pas de chaussettes résilles, rien qui ne pourra me faire sortir du lot. Je suis condamné à l'anonymat encore une fois.

J'ai le moral dans les jarretelles lorsque je réalise que, pour une fois, je ne serai pas tout seul sur cette foutue course de mes deux.
Mais oui ! Ce semi érotique devrait d'avantage ressembler à une réunion familiale qu'à un défilé Woman Secret.


En effet je suis accompagné de quatre autres coureurs âgés de 9 à 49 ans, soit deux nièces, un beau-frère et un fils spirituel. Le team Dembé Dembé est au complet.

Chacun dans notre catégorie nous sommes décidés à écraser la concurrence et à faire péter nos personal records (surtout moi).

Que dire ? Les gazelles inscrites sur le 1 km ont fait honneur mais ont dû rendre les armes face à des concurrents aux physiques hors norme.

Le beauf et le fils spirituel ont aligné des temps allant de 38 à 53 minutes sur 10 bornes.


Et quant à moi, j'ai la flemme de vous raconter ma course semée de rond-points, de grandes avenues, de faux-plat, de trombes d'eau et de personnal records. En effet, mon principal exploit est d'avoir terminé mes 21 kilomètres en 1h46. On ne m'arrête plus. Je viens de faire péter mon meilleur temps sur la distance.

La prochaine échéance me mènera vers mes terres natales,  à la fin du mois.

Nantes me tend les bras, et si je ne gâche pas les deux derniers jours précédant la course par un régime à base de houblon, je pourrai même viser un bon vieux 1h45.

Je suis en pleine phase ascendante, pourvu que cela dure. 



samedi 25 mars 2017

Vers un semi érotique ?

Il est 22h, nous sommes à J-7 d'un semi de Colomiers que je me dois de ponctuer de toute une série de personal records et je suis en train de finaliser mon inscription sur internet. "Cette course  va entrer dans la légende, j'en suis certain", me dis-je.

Alors que je suis perdu dans mes pensées  et mes rêves de victoire, mon regard est attirer par mon numéro de dossard : 

69

-"semi érotique".
Je me surprends à fredonner ces deux mots, accompagnés d'une mélodie Gainsbourienne bien connue, que je teinte d'un soupçon d'accent britannique.

Mais oui, je n'ai pas la berlue. Les organisateurs, ainsi que le logiciel d'inscription, ont tout de suite compris le potentiel sensuel qui se dégageait, de façon quasi animale, du régional de l'étape, Dembé Dembé, le Kenyan Columérin.

Il est vrai qu'affubler de mes bas de contention je ne  laisse pas les spectatrices et spectateurs insensibles, je l'ai bien remarqué. A moins que je n'opte pour des soquettes laissant apparaitre des mollets impudiques.


Jusque-là ma relation à cette pratique sportive penchait surtout du côté d'un sado-masochisme revendiqué, mais aujourd'hui, je suis plus soft, tel un film du dimanche soir sur M6, de la grande époque, que les moins de 20 ans (30 ans ?) ne peuvent pas connaitre.

Je penserai à vous, lecteurs, lorsque je me scotcherai les tétons la semaine prochaine...pour éviter tout frottement douloureux avec mon t-shirt technique.
Je n'hésiterai pas non plus à raccourcir mon short pour la bonne cause et la Bande Originale de ma course sera composée par Pierre Bachelet.

 Mes amis, ce dossard va me galvaniser et me permettre de booster mes performances et d'accomplir des prouesses.

Et surtout ne soyez pas surpris, voire choqués, lorsque postés au bord de la route, le 69 vous fera de l’œil.  En tout bien tout honneur.




samedi 11 février 2017

Consécration - saison 17 épisode 42

Il est 9h42, en ce samedi matin grisâtre, dans la périphérie toulousaine, environ 3 mois et demi après ma déconvenue d'un marathon de Toulouse interminable. Ma terrasse donne sur un hangar qui abrite un A380 en pleine révision (probablement la vidange des 15 000 kilomètres ou un changement d'essuie-glace). Je sirote un café décaféiné, ce qui lui enlève toute son âme et son sel, lorsque j'entends le facteur glisser, discrètement, sous ma porte, un journal local voire municipal.

- "Ah tiens c'est le Columérin". Me dis-je dans un accès (rare) de lucidité. Il serait temps pour moi, d'ailleurs, de reprendre contact avec mes concitoyens que je fuis depuis ma déconfiture du mois d'octobre.

- "Non, arrêtez ! N'essayez pas d'être gentils avec moi !". J'ai profondément déçu toute une ville, tout un peuple qui croyait en mes chances et en ma victoire, sur un peloton de coureurs africains que j'aurais réussi à dominer dans un finish hallucinant et plein de rebondissements.

Mais non, au lieu de ça je me suis pris les pieds dans un t-shirt trop grand et dans des ambitions XXL. La vie de sportif est trop dure, alors j'ai passé ces dernières semaines reclus dans mon appartement, évitant tout échange avec mes voisins, mes collègues, ma famille, mes compatriotes.

En ce début de week-end, je suis encore en train de me vautrer dans ma déception lorsque le ciel, tout à coup, me laisse entrevoir une éclaircie, revigorant une météo intérieure qui était proche de la dépression.

- "Mais c'est moi" !
- Oui Dembé Dembé. Colomiers n'est pas rancunier et c'est bien toi qui est mis à l'honneur, page 10 (le meilleur emplacement selon les professionnels), dans le canard du coin. J'ai espéré, quelques secondes, qu'une erreur de frappe ne transforme mes 4h39 en 3h39, ou mieux 2h39...mais non. L'intégrité journalistique du Columérin n'est certainement pas à remettre en cause.

  (oui, je sais, c'est flou)

Ouf. Je peux enfin ressortir mes baskets et croire, de nouveau, en de futurs exploits. C'est la consécration. Les gens me sourient dans la rue, et j'entends  des "Dembé ! Dembé !" retentir dans mes oreilles, à moins que ce ne soit un chien qui jappe...

"Ok, mes amis ! Je suis chaud" !
Ces quelques semaines d'introspection m'ont décidé à changer mes habitudes en matière d'entrainement. Premièrement, j'ai viré mon ancien coach (moi-même), pour engager quelqu'un de plus compétent...ou plutôt quelque chose. Oui je suis, dorénavant, épaulé par un objet connecté que je serre habituellement autour de mon poignet, et qui, accessoirement, donne l'heure, le GPS, le cardio-machin-truc et me réveille le matin. Je sais, je ne me refuse rien.

Mais surtout, j'ai trouvé un nouveau mentor dont le discours et l'accent québécois raisonnent avec bonheur à mes oreilles. Ecoutez-ça :


Tabernacle ! Mais oui c'est ça ! Il faut courir lentement ! Ok, je reprends tout à zéro, et je fais du 2 à l'heure.

Si vous me voyez trottiner dans la rue, n'hésitez pas à marcher à côté de moi, ou à me dépasser, je ne le prendrai pas mal. Les enfants, les papis, les mamies, prenez vos déambulateurs et rejoignez-moi dans cette farandole poussive.

Quitte à stagner dans ma pratique, autant assumer jusqu'au bout.

Les plus grands spécialistes vous le diront, pour progresser, il faut développer son....
endurance fondamentale !!!!!


mardi 8 novembre 2016

Dembé Dembé au marathon de Toulouse ou récit d'un naufrage (épisode 3)

Nous sommes le 23 octobre, sur le pont Coubertin, à 10 minutes de l'épreuve fatidique. Je suis dans tous mes états car je me vois interdire l'accès au SAS élite par un officiel malveillant.
-"Vous savez qui je suis ?". Je fulmine. "Avez-vous conscience que le peuple Columérin est derrière moi ? Il ne comprendrait pas que je ne me trouve pas aux avants-postes avec mes frères Kenyans ?".
-"Ah oui  ! Tu es le Kenyan Columérin ! Dembé Dembé ! Celui qui a fait 4h26 à Bordeaux au printemps dernier ! HA HA HA HA HA HA HA HA HA HA !".
Je tente d'ignorer son hilarité.
-"Tu sais quoi ?", Reprend-il, "tu peux aller te rhabiller avec ton t-shirt trop grand. Vas-voir là-bas si j'y suis !".
Dans une dernière tentative je lui fais remarquer que tous les Kenyans et Ethiopiens, coureurs longilignes, ont  des t-shirts trop grands, alors pourquoi pas moi ?

Rien à faire. Cet officiel fait preuve d'une vraie autorité malgré son t-shirt rose et je suis obligé de rejoindre les bas-fond du peloton. J'ai l'impression d'être, encore une fois, une victime collatérale de ce vieil antagonisme entre les deux plus grandes villes de Haute-Garonne .

Je me positionne dans le SAS 4h et je pense à ce petit enfant qui a dû se lever aux aurores pour rejoindre, avec son papa, un des nombreux bus mis à disposition par la mairie de Colomiers. Il doit attendre, dans le froid, derrière une barrière, que le 1389, qui porte haut les couleurs de sa ville,  passe triomphant, au coude à coude avec un athlète africain des hauts-plateaux.

J'ai les larmes aux yeux lorsque le départ est donné.
Premier constat : mon t-shirt gonfle avec le vent. Il y a quelques bonnes rafales et je ressemble parfois à un voilier. Tant pis, les éléments sont contre moi mais j'en ai vu d'autres. Je me souviens d'une époque où j'allais à l'école, courant pieds nus dans la savane nazairienne (ben oui je suis de St-Nazaire), évitant les points d'eau dans lesquels venaient se désaltérer le roi des animaux.

Bon, revenons à nos moutons.
Deuxième constat : ils sont passés où les meneurs d'allure 4h ? J'ai beau regarder devant moi, ils ont disparu. Aïe, il va falloir revoir mes objectifs à la baisse. Record du monde ? Pas ce matin.
Moins de 3 heures ? Compliqué. 3h30 ? Difficile. 4 heures ? Gloups.

Je dis ça mais je franchis les 21 premiers kilomètres en 2 heures, le sub 4h est toujours possible même si mes jambes commencent à m'envoyer des messages alarmants.
En fait c'est le kilomètres 25 qui m'a fait perdre mes illusions. Je flirte dorénavant avec les 10km/h.





Km 27. Ça y est j'ai l'impression que mes jambes sont prises dans un étau.

Km 30. A chaque nouveau kilomètre un tour de manivelle est donné et des mâchoires d'acier m'écrasent les guiboles, à partir des hanches jusqu'aux chevilles.

Km 32. Vive le sport.

Km 33. Ma femme m'attend au bord de la route. Je lui avais demandé de me préparer une seringue pleine d'anabolisants au cas où. Je baisse mon short pour qu'elle puisse choisir une fesse à piquer. Au lieu de cela elle me tend une bouteille d'eau sucrée.

Km 34. Je sens les premiers effets. Je passe de 8.5 km/h à 8.6 km/h.

Km 34.2. Je tiens le bon bout.

Km 34.3. Je ne suis plus un coureur.

Km 34.4. Je suis un marcheur.

J'alterne marche et simili-course. J'ai conscience que je suis en train de perdre ma dignité. Et en plus on se retrouve en plein centre-ville. Une foule en liesse nous encourage, nous, les athlètes de bas-niveau.

Km 39. C'est le drame. Les meneurs 4h30 me dépassent. Nooooooooooooon ! Pas çaaaaaaaaa !

Km 40. Si.

Km 41.9. Il est temps d'entamer mon fameux sprint final. J'ai 300 mètres pour faire parler la foudre.

Km 42. 300 mètres ça fait beaucoup. Je remarche un peu.

Km 42.1. Plus que 100 mètres. Je franchis la ligne d'arrivée en rampant.

Km 42.2 4h39 !

Oh làlàlàlàlàlàlàlà. Je suis au bord de l'épuisement et tout un tas de questions se bousculent dans ma tête.
Pourquoi moi ? Qui suis-je ? Comment vais-je faire pour retourner à Colomiers ? Qui voudra manger à côté de moi au restaurant administratif ?

Dernier constat : Je vire mon coach. C'était qui ? Moi.

Bon, l'heure n'est pas encore complètement au bilan et j'ai hyper envie de pisser car j'ai bu des litres d'eau. La place du Capitole est pleine comme un œuf. Nous rentrons à la maison pour me soulager. Je suis pour la 4ème fois marathonien. Je ne garde que cela en tête pour le moment, mais si je ne veux pas franchir la barre des 5 heures la prochaine fois il va falloir changer des trucs dans ma préparation, et je ne parle pas de t-shirt.

Je suis entre l'euphorie et la loose, l'eupholoose. Le mur marque un nouveau point et pas des moindre.

Le mur 3 - Armand (Dembé Dembé) 1.

End of story.


samedi 29 octobre 2016

Le T-Shirt (épisode 2)

Il est environ 15h, ce samedi 22 octobre, la veille de l'épreuve fatidique, et mon humeur s'est soudainement assombrie alors que je pénètre à l'intérieur du village marathon et que je m’apprête à retirer mon dossard.

En effet, j'observe d'un œil noir les bénévoles qui remettent leur sac (dossard + goodies) aux futurs forçats du macadam. Il y a quelque chose qui cloche dans leur tenu. Ils arborent tous LE t-shirt de cette dixième édition et je n'ose croire ce que je vois. Est-ce un mirage ? Non.

Toulouse, ville rose, oui ok mais quand même. Je me dis que ce rose pétard ne peut être qu'une forme de bizutage adressé à de jeunes bénévoles, mais pas à nous les coureurs.

Et en même temps, je dois me rendre à l'évidence. Toulouse Métropole a décidé d'aider les runners à assumer la part féminine qu'il y a en eux. Je ne suis pas persuadé que le peloton se laisse convaincre comme ça.

                                                          (entre les deux mon cœur balance)

Et finalement, en rentrant à la maison je dois dire que je regarde mon t-shirt Columérin d'un œil plus indulgent. Pour la trente-et-unième fois au moins, je l'enfile devant la glace. Il n'est pas si grand que ça malgré sa taille XL, si ce n'était ce col qui s'ouvre, béant, sur mon frêle cou.

Je recommence à m'énerver et à maudire ce petit enfant chinois qui a confectionné ce tricot de running. J'aurais deux mots à lui dire quant à son manque de professionnalisme. Qu'est-ce qu'il a cru ? Qu'à Colomiers on était tous des rugbymen avec des cous de taureau ? Il ne s'est pas rendu compte à quel point sa négligence allait mettre dans l’embarras le riche coureur occidental que je suis. Si ça se trouve la coupe, plus que maladroite, de ce t-shirt allait me faire perdre de précieuses secondes pour ma performance du lendemain. Toutes ces heures d'entrainement remises en question parce qu'un artisan asiatique de moins de 10 ans n'a pas bien fait son boulot.

Et puis je me dis qu'il faut que j'arrête de me morfondre sur les injustices de ce monde et que j'essaye de garder de l'influx pour le lendemain. Merde, je vais le porter fièrement ce t-shirt Columérin.

Quand toute une ville est derrière vous...que dis-je tout un peuple, vous n'avez pas le droit de le décevoir.

O Colomiers ! Ville bleu.

Ton gladiateur est prêt.

jeudi 27 octobre 2016

Marathon de Toulouse (ou le running municipal)

Il est 9h ce jeudi 13 octobre, soit 10 jours avant l'épreuve fatidique, et je cherche vainement à accéder à la salle de réunion de "Mame le Maire de Colomiers" qui a été un peu "bunkérisée" depuis les évènements. Il faut montrer patte blanche auprès du gardien pour rejoindre la petite assemblée constituée, ce matin-là, des deux équipes de relayeurs et d'agents ayant gagné à un concours de pronostique d'une coupe du monde ou d'un championnat d’Europe de je ne sais quel sport collectif à base de shorts et de ballons.

J'ai quelques minutes de retard, le discours officiel a commencé, ce qui m'a permis de rater l'introduction et d'entendre directement le passage où "Mame le Maire" évoque les derniers kilomètres les plus douloureux du marathon. "Le mur". Une comparaison humoristique est bien entendu tentée avec le parcours politique et les élections présidentielles. Cela va de soit.

Et moi je n'ai qu'une pensée qui m'obsède : a quoi va ressembler ce foutu t-shirt ?
Et oui, la mairie a accepté de me faire bénéficier d'une invitation pour le marathon, en échange de quoi je dois arborer fièrement les couleurs Columérines.
Pour 55 euros d'économisés je suis prêt à tout.

-"Mais c'est quoi exactement les couleurs Columérines"? Cette question m'obsède depuis que le service com m'a parlé de cette petite cérémonie. Jaune, orange fluo ? Je crains le pire.

Et puis j'entends "cinéma", ce qui me sort immédiatement de mes préoccupations esthétiques. En effet, je suis projectionniste au "Central" de Colomiers, cinéma municipal comme on en fait plus, pour ceux qui seraient tombés malencontreusement sur cet article.

Revenu à la réalité, je reçois alors fébrilement  l'objet qui m'accompagnera sur 42 km et qui est, pour l'heure, soigneusement empaqueté. Je le découvre avec soulagement, il est bleu. Ouf !


A Colomiers on est comme ça. Sobriété, pas d'esbroufe. Un bleu un peu électrique quand même, mais pas m'as-tu-vu. J'aurai également le logo de la ville sur le cœur pendant toute la course. Une Colombe. Le running c'est de l'amour.

Je ressors de là l'esprit apaisé, presque en joie. "Il est bleu, il est bleu, il est bleu". M'entends-je même chantonner.

Je le re-regarde une nouvelle fois. Je suis sur le parking, derrière la mairie. Et mon œil est attiré immédiatement par deux grosses lettres sur l'étiquette.
XL.

Et moi je fais du M (voire du S).

Je pleure.

dimanche 4 septembre 2016

10 km de Colomiers

Il faisait beau ce matin, presque trop, à l'heure où la corne de brume a résonné (10h15), lançant le départ de la 23ème édition des "Boulevards de Colomiers".

Colomiers ? Attendez, ça me dit un truc. Ah ben oui c'est là où je bosse. Le terrain était familier, donc, et les (nombreux) ronds-points presque amicaux tant j'ai l'habitude de les prendre en voiture.

Le décor était planté et les ambitions mesurées. J'espérais bien passer sous les 50 minutes et approcher, pourquoi pas, mon record personnel 47"54. Le petit hic restait quand même ces quasi 25° ressentis sur le macadam columérin.

Donc à 10h15 pétante, j'arborais, enfin, un dossard (le 104 peugeot) après 4 mois d’abstinence en matière de course officielle. Le ballon orange du meneur d'allure 50" que j'espérais bien dépasser dans les 2 ou 3 derniers kilomètres, devenait mon point de mire, que dis-je, mon obsession.

"Mais pourquoi va-t-il si vite ?", me répétais-je sans cesse. Mon chrono me confirmait bien mes 12 à l'heure, sauf que je voyais s'éloigner inexorablement celui qui devait être mon repère pendant toute la course.

Un 10 km n'a rien d'épique. J'aimerais pouvoir vous dire que j'ai doublé 800 coureurs, que j'ai fini en rampant, en pleurs, réconforté par Mme le Maire qui assistait à la course, acclamé par une foule en liesse et accompagné par l'orchestre symphonique de Berlin (venu spécialement pour l'occasion) mais...non...ma course a été des plus banales.

J'ai conclu le parcours en 49" 53 à la 350ème place sur 882 arrivants (81ème sur 204 vétérans 1). Le temps n'est pas super mais le classement me convient bien. Je vois que la chaleur a ralenti un peu tout le monde.

Un petit visuel pour conclure ce post exceptionnel ?

Ok mais ne me cherchez pas, je ne suis pas sur la photo.

(La course des gaminos, à 9h15 il faisait bon, c'est facile)