mercredi 6 mai 2015

Des dossards dans le viseur ?

La reprise...
Oh je n'ose employer ce terme mais pour la première fois depuis 2 mois j'ai enfin pu refaire un entrainement à peu près normal. Presque 10 bornes agrémentées de quelques fractionnés, histoire de voir un peu.
La forme n'est pas olympique bien sûr. Je dois me trimbaler 2 kg de plus, j'ai vraiment perdu en souffle, mais bon, le plaisir revient et c'est énorme.
Je sais, je sais, il faut que j'y aille mollo, le pincement d'un nerf que j'ai eu au pied n'est pas calmé à 100% mais presque. Je dois voir ce que cela donne avec l'arrêt de l'anti-inflammatoire (Célestène), mais de la tendinite je ne ressens plus rien.
Toute cette période de frustration m'aura au moins permis de savoir à qui je m'adresserai en cas de pépin la prochaine fois. J'ai dorénavant un bon médecin du sport et une chouette kiné. Par contre niveau ostéo, j'ai rayé de ma liste les deux personnes qui m'ont extorqué en tout 150 euros pour 0 résultat (encouragement même à reprendre alors que mon corps était toujours enflammé) et ma médecin généraliste qui ne jure que par l'homéopathie et qui n'a pour seul avantage que d'habiter le même immeuble que moi.

Je suis également fautif...à bouriner alors que mon corps me dit "Basta". Je sais, je sais, je sais...

Et puis aujourd'hui je sais que je suis hyper-pronateur, et que mes pieds avaient besoin d'être soutenus (j'ai des semelles !!!). C'est le changement de chaussures qui a tout déclenché, il y a deux mois, avec en plus un chaussant trop étroit (ne plus acheter mes pompes sur internet !!!!).

Bon, j'espère que ce nuage noir qui a plané au-dessus de ma tête pendant toute cette période est en train de sérieusement foutre le camp. Je parle juste du running là car sur le plan personnel c'est la tempête.
L'adoption n'en finit pas de nous imposer des épreuves que je ne souhaite à personne.

Bref, pour en revenir à une note plus positive, je brûle littéralement de reporter un dossard.
Et là, bim, el pistolero me parle des 10 km de Labège du 17 mai.
Ohlàlà, ça y est ça commence à tourner dans ma tête.  Ça m'a trop manqué.
M'en fout du chrono, il sera pas terrible, mais je pourrai me défouler, bordel !

Et cerise sur le gâteau, je suis reversé sur le semi-marathon de Carcassonne du 7 juin.
J'étais inscrit sur le 42 bornes, mais mon manque de préparation évident ne me permettait pas de prétendre à assurer une telle distance sans finir sur un brancard.

Donc j'ai un mois pour m'affûter et tout donner dans la cité médiévale.
2 dossards dans le viseur, ça fait du bien.

Je redeviens enfin un con en short.


mardi 21 avril 2015

Le marathon que je n'ai pas couru

9h01. Le réveil sonne. Merde !!!! Ça commence dans 14 minutes !!!!!!
Ah oui.....c'est vrai....je suis blessé....je ne vais pas le faire ce foutu marathon de Nantes.
On se rend pas bien compte là, mais cette scène était hyper cinématographique. Gros plan puis ralenti sur ma tronche paniquée et pas lavée, puis vitesse normale lorsque je me rends compte que je peux rester au lit sans (trop) culpabiliser.

Et pourtant, j'avais marqué d'une pierre blanche ce petit week-end de fin avril sur les bords de la Loire. Ma terre natale. Je tenais à y réaliser mon troisième exploit (la course avec les 42 bornes machin là...).
Alors avec ma tendinite on a décidé de prendre l'avion et d'aller quand même le voir ce bloody marathon de Nantes.
On allait, comme prévu, squatter chez mon poteau stéphane, qui, comme par hasard, habite à 50 mètres de la cathédrale et du départ de ce fichu marathon de Nantes. Tout était réuni pour que je m'éclate, et que j'y rencontre, peut-être, le mur de l'atlantique. Le pied quoi.

Et d'ailleurs ce w-e avait commencé comme dans un rêve. Le vendredi soir on s'était retrouvé à La Beaujoire pour un Nantes - OM d'anthologie. Bon, j'exagère un peu mais la victoire du FCNA était déjà un exploit en soi (1 - 0).


29 ans que j'y avais pas remis les pieds, du coup j'avais ressorti mon écharpe. Snif, déjà trop d'émotions. Bon, on peut se rendre compte que j'ai laissé tomber depuis belle lurette mon régime diététique et sans gluten de prépa fucking marathon.

Donc, pour en revenir au jour j, il est 9h02,  je ravale ma déception du coureur blessé et je me lève pour aller voir tous ces cons en short.

Et bim, ça continue. Il fait, bien entendu, un soleil splendide, et je ressens comme un goût de marathon de mes deux du printemps qui m'énerve déjà.
Heureusement, je peux compter sur stéphane, il va me dire qu'il trouve qu'ils ont vraiment l'air con tous ces cons en short, et on va enfin pouvoir se moquer. Mais non !!!!!!! Pas du tout !!!! Il commence même à me dire que ça lui donne envie de s'y mettre. Aïe, je suis cerné.

Alors il ne me reste plus qu'à contempler, et à pleurer.

(quelques cadors)

(oh oui, je m'y voyais bien)

(papa m'a tuer)

(oh non, c'est trop dur !)

Bon voilà, j'ai les boules de le reconnaitre, mais c'était une magnifique matinée et une super ambiance.
Pour info, cette 35ème édition de ce bon dieu de marathon de Nantes a été remporté par le Kenyan Agnesius Maîyo en 2h21 côté homme et Emily Jepkoech côté femme en 2h51.
Le vent a pas mal ralenti les chronos.
 
Ouf, tout n'était pas parfait.







mercredi 15 avril 2015

Le mors au dent

Non, l'heure de la reprise n'a pas encore sonné.
Après quasiment 4 semaines de kiné et de running abstinent, après avoir changé d'ostéo car ma première expérience avait été douloureuse, je ne suis pas prêt.
Du moins, mon fessier reste réticent à la course malgré mes injonctions.
La tendinite n'a pas totalement déposé les armes, elle en a encore sous le pied, sa capacité à me nuire et à me tailler des croupières n'est pas tout à fait épuisée.
Et puis il y a surtout ma tête, qui en ce moment ne va pas très fort.
Je ne sais plus où en sont mes rêves de finish en famille. La course à l'adoption m'épuise et n'en finit pas de me désarçonner.
J'ai peur que tout ça ne reste qu'à l'état de fantasme....mais là je m'égare, ça n'est pas totalement le sujet de ce blog, même si tout est lié.

Donc, je ne cours pas encore...

Vivement que le vieux cheval se relève et qu'on lui lâche la bride.




dimanche 5 avril 2015

McFarland ou le Disney Running

On connaissait déjà les courses à thème "Disney" un peu régressives. En gros, tu te déguises en "Robin des bois" (ou n'importe quel héros de ton enfance) et tu cours ton marathon, et c'est trop "magique et féérique".
Soit, mais il serait bienvenu et classe que tu voles les ravitaillements, les montres GPS, les pompes des plus riches pour les redistribuer à des concurrents ou spectateurs pauvres, une fois que tu as bien sué.


Et bien les studios de cinéma Disney continuent à exploiter le filon "Running" en produisant LE prochain film sur la course à pied, avec, roulements de tambour, Kevin Costner, qui, après avoir dansé avec les loups, court cette fois-ci avec les chicanos.

L'histoire, s'inspire de faits réels, et de la carrière du coach Jim Blanco White, qui a dirigé dans les années 90 une équipe de cross-country, composée uniquement de fils d'immigrés latinos.

En voici la Bande Annonce. Il n'est pas difficile d'imaginer que le traitement de cette histoire sur fond social et sportif sera très édulcorée et quelque peu tire-larmes.
On pense, bien entendu, au tout récent et très Hollywoodien "Invincible" d'Angelina Jolie, basé lui aussi sur une histoire vraie et finalement passé assez inaperçu.


L'histoire de ce coach et de ses élèves défavorisés, apprenti coureurs qui ont raflé 6 championnats de cross-country d'affilée dans l'état de Californie, au nez et à la barbe de lycéens huppés de L.A, est magnifique en soi bien sûr.
Et je me prends à rêver d'une réalisation signée Clint Eastwood qui pourrait donner ses lettres de noblesse au "film de course à pied", avec un casting un peu moins lisse. Que cela sente un peu la sueur quoi...
Mais bon, après tout, je ne l'ai pas encore vu, car il est sorti aux States en février et qu'il n'est pas encore prévu dans les salles Françaises. Laissons à Kevin le bénéfice du doute avant d'hurler avec les loups.
Par contre, je conseille la lecture (en anglais uniquement) de l'article du L.A Times, datant du 1er décembre 1997 qui rend compte du travail de Mr White et de l'engagement quotidien et sportif de ses lycéens  malgré un contexte particulièrement âpre, loin du cliché Disney.
A lire ici.



vendredi 3 avril 2015

Marathon Boy

Attention, documentaire dérangeant.
En effet le film dont j'ai envie de parler aujourd'hui et qui retrace le destin exceptionnel, hors norme, tragique, d'un enfant né dans la misère d'un bidon-ville indien, m'avait laissé un goût plutôt amer après son visionnement sur Arte il y a 3 ans et sa rediffusion l'été dernier.
Gemma Atwal, la réalisatrice, a suivi pendant six ans, pour la B.B.C, la vie de ce petit garçon, Budhia Singh, doté (selon son entraîneur) d'un talent inné et "divin" pour la course à pied et l'endurance.


L'histoire commence en 2002, dans un quartier misérable de l'état d'Orissa situé à l'est de l'Inde. Budhia, dont le père a déserté le foyer, est vendu par sa mère à un marchand des rues pour 800 roupies. La vie de cet enfant est déjà marquée par la maltraitance lorsqu'un certain Biranchi Das, entraîneur et directeur d'un club de judo pour orphelins et déshérités, décide de racheter et de récupérer le garçon, alors âgé de trois ans.
Il devient le mentor de Budhia chez qui il pense déceler un don pour la course et les longues distances et qu'il veut préparer pour les Jeux Olympiques (2020 ?, 2024 ?). Ainsi, selon la légende, l'enfant court pas moins de 48 marathons entre 3 et 5 ans.

Au début du documentaire, il entame un nouveau défi (qui dépasse notre entendement) devant de nombreux journalistes et une foule en liesse postée le long de son parcours. Budhia rallie Puri à Bhubaneswar, située à 65 km.

Les images sont, bien entendu, extrêmement choquantes lorsque, après un effort de plus de 7h, le garçon arrive dans un état d'épuisement tel qu'il est pris de convulsions et qu'il passe tout près de la mort. Ce que son entourage ne semble pas complètement réaliser.

Dés lors, l'enfant est érigé par son entraîneur comme un véritable symbole politique d'une population misérable qui s'élève par le sport face à un gouvernement corrompu. Le conflit est définitivement amorcé lorsqu'un comité pour la protection de l'enfance, mandaté par les autorités de l'état d'Orissa, décide d'interdire la nouvelle lubie de Biranchi Das, à savoir une marche pour Budhia de 500 km entre Bhubaneswar et Calcutta.

La situation s'envenime et l'on comprend, au fur et à mesure du film, que l'entraîneur n'est pas qu'un simple tortionnaire avide de reconnaissance et d'argent, mais bien le porte-parole d'une catégorie de la population, pauvre et abandonnée par le gouvernement.


Au milieu de ces hostilités, Budhia semble perdu, au bord de l'épuisement. Il est l'objet d'enjeux qui le dépassent. D'un côté il est soumis à un entraînement extrême par Biranchi et de l'autre il est manipulé par les représentants d'un état corrompu, et même obligé de témoigner contre son gourou.

La guerre, principalement médiatique et judiciaire, que se livrent l'Etat d'Orissa et Biranchi Das, franchit une nouvelle étape et bascule dans le "fait divers" avec l'assassinat du mentor. Ce dernier avait d'ailleurs annoncé de façon prémonitoire, au cours d'une interview, sa probable exécution exigée par des dignitaires qui voyaient dans cet homme charismatique et populaire une véritable menace.

Nos repères d'occidentaux sont bousculés tout au long du film car les relations entre l'homme, l'enfant, la mère biologique et l'Etat  sont finalement assez complexes et , bien entendu, tout est dans la démesure (la foule, les distances infligées à Budhia, l'effervescence médiatique, la corruption, les émotions....) et comme il est dit en préambule du doc : "Seuls les extrêmes suscitent de l'intérêt en Inde". Il est très difficile, on imagine, d'exister en tant qu'individu au milieu d'un milliard et demi de concitoyens, surtout si l'on est très pauvre.

Après la mort de son entraîneur, qui avait fini par officiellement l'adopter, Budhia retrouve un calme et un apaisement tout à fait relatif car il est placé dans un internat sportif d'état et semble bien sûr toujours "habité" par son mentor et son rêve de Jeux Olympiques. On le retrouve quelques années plus tard d'ailleurs dans ce reportage.

Pour ceux que cela intéresse et qui sont tentés par cette immersion totale et outrancière dans une vie indienne extra-ordinaire, je peux vous faire parvenir (Dropbox par ex) le fichier du film. On peut s'arranger en message privé.

Mais attention à laisser quelques idées reçues de côté avant d'entamer le visionnement, le voyage n'est pas de tout repos.




dimanche 29 mars 2015

Le Bharathon de Raj Vadgama

"If people don't laugh about your goals. They are not big enough". On pourrait approximativement traduire la devise de Raj Vadgama par "Si les gens ne rient pas de tes objectifs, c'est que tu n'es pas assez ambitieux".

Dans l'univers de la démesure et du running je viens de dégoter un sérieux client, le dénommé Raj Vadgama, vivant lui-même dans un pays habitué aux excès.
Il est le premier homme à avoir réalisé le Bharathon. Non il ne s'agit pas de la tournée des bars, mais bien du tour de l'Inde (Bharat en sanscrit), soit 10 000 bornes en courant et en moins de 6 mois. Il a joyeusement avalé l'équivalent de deux marathons chaque jour, aidé par de nombreux supporters qui ont, tour à tour, partagé quelques kilomètres avec lui.


Le périple a débuté le 15 Août 2014 pour s'achever le 25 janvier dernier à Bombay. La volonté de Raj à travers cet exploit était de promouvoir la course à pied (principalement dans les villages indiens). Voici une petite vidéo du début de son voyage.



L'homme est un habitué des très longues distances car il avait déjà réalisé l'exploit en 2011 de rallier Delhi à Bombay (1500 km) en 30 jours.


J'avoue que depuis ma lecture de "La grande course de Flanagan" dont je parle ici je voue, comme qui dirait, une fascination à ce type de coureurs et d'aventures.

Et je me prends à rêver d'un jour où, moi aussi, je ferai le tour....de mon quartier (Le quartierthon).


jeudi 26 mars 2015

Lettre à mon fessier (plus particulièrement le côté droit)

 Cher derrière,

Voilà maintenant 43 ans que tu me supportes, surtout lorsque je m'assois (sur une chaise ou un vélo).
J'ai d'ailleurs toujours eu la plus haute estime de toi, dans ton ensemble. Je n'ai jamais favorisé une fesse par rapport à l'autre au gré de mes opinions politiques ou d'une tenue vestimentaire. Tu pourras quand même reconnaitre que je suis resté neutre et impartial.
J'ai toujours pris le plus grand soin dans le choix de mes slips afin que tu te sentes protégé et valorisé. Tu n'as jamais eu à souffrir d'un quelconque coup de soleil sur la plage car je sais à quel point tu es sensible et que tu rougis facilement.


 Il y avait bien eu ce furoncle en 1989, mais après consultation par les plus grands spécialistes, le mal avait été éradiqué en moins de deux, et tu retrouvais ta peau de bébé.

Je croyais donc que nous étions amis et que nous éprouvions le plus grand respect l'un pour l'autre.
 
Or aujourd'hui, tu as décidé de lancer un cri d'alarme et de douleur car je t'ai maltraité depuis quelques semaines. Pour être plus précis, j'ai cru comprendre que la rébellion venait du côté droit, dans les environs du moyen-fessier et qu'un certain tendon s'était érigé en figure de proue de la contestation, avec une fâcheuse tendance à l'inflammation. Il a le sang chaud, je l'ai bien compris.

Tu t'es, en quelque sorte, mis en grève et sans toi je suis coincé.
Finies pour moi les grandes cavalcades dans les prés et les chemins sans un fessier à 100% motivé et concerné.

Je sais, j'ai été trop dur avec toi, je ne t'ai pas ménagé et j'entends ton appel au secours, comme le ferait un homme politique avec ses concitoyens (en un mot) entre deux tours des cantonales, enfin je veux dire des départementales. Je t'ai compris.
C'est pourquoi je ne te demanderai plus rien d'exceptionnel pendant les deux semaines à venir. Juste d'assurer le service minimum.

Prends exemple sur ton homologue du côté gauche. Il ne moufte pas lui. Il est obéissant.
Alors si tu souhaites que nous collaborions encore ensemble pour accomplir des choses exceptionnelles, je t'en conjure, demande à ton tendon de se calmer et de garder la tête froide.

De grandes courses nous attendent, et j'ai besoin d'un derrière uni, capable d'aller de l'avant.

J'ai besoin d'un derrière qui soit prêt à mouiller le short.

Bien à toi,

Ton ami.

PS : derrière cette paire de fesses il y a un coeur qui bat