jeudi 27 octobre 2016

Marathon de Toulouse (ou le running municipal)

Il est 9h ce jeudi 13 octobre, soit 10 jours avant l'épreuve fatidique, et je cherche vainement à accéder à la salle de réunion de "Mame le Maire de Colomiers" qui a été un peu "bunkérisée" depuis les évènements. Il faut montrer patte blanche auprès du gardien pour rejoindre la petite assemblée constituée, ce matin-là, des deux équipes de relayeurs et d'agents ayant gagné à un concours de pronostique d'une coupe du monde ou d'un championnat d’Europe de je ne sais quel sport collectif à base de shorts et de ballons.

J'ai quelques minutes de retard, le discours officiel a commencé, ce qui m'a permis de rater l'introduction et d'entendre directement le passage où "Mame le Maire" évoque les derniers kilomètres les plus douloureux du marathon. "Le mur". Une comparaison humoristique est bien entendu tentée avec le parcours politique et les élections présidentielles. Cela va de soit.

Et moi je n'ai qu'une pensée qui m'obsède : a quoi va ressembler ce foutu t-shirt ?
Et oui, la mairie a accepté de me faire bénéficier d'une invitation pour le marathon, en échange de quoi je dois arborer fièrement les couleurs Columérines.
Pour 55 euros d'économisés je suis prêt à tout.

-"Mais c'est quoi exactement les couleurs Columérines"? Cette question m'obsède depuis que le service com m'a parlé de cette petite cérémonie. Jaune, orange fluo ? Je crains le pire.

Et puis j'entends "cinéma", ce qui me sort immédiatement de mes préoccupations esthétiques. En effet, je suis projectionniste au "Central" de Colomiers, cinéma municipal comme on en fait plus, pour ceux qui seraient tombés malencontreusement sur cet article.

Revenu à la réalité, je reçois alors fébrilement  l'objet qui m'accompagnera sur 42 km et qui est, pour l'heure, soigneusement empaqueté. Je le découvre avec soulagement, il est bleu. Ouf !


A Colomiers on est comme ça. Sobriété, pas d'esbroufe. Un bleu un peu électrique quand même, mais pas m'as-tu-vu. J'aurai également le logo de la ville sur le cœur pendant toute la course. Une Colombe. Le running c'est de l'amour.

Je ressors de là l'esprit apaisé, presque en joie. "Il est bleu, il est bleu, il est bleu". M'entends-je même chantonner.

Je le re-regarde une nouvelle fois. Je suis sur le parking, derrière la mairie. Et mon œil est attiré immédiatement par deux grosses lettres sur l'étiquette.
XL.

Et moi je fais du M (voire du S).

Je pleure.

samedi 24 septembre 2016

Comment mon auto-entreprise ne connait pas la crise (ou ma vie de marathonien)

Ok, c'est sûrement le pire titre d'un article de blog de running mais mes lecteurs cinéphiles auront, bien sûr, reconnu cette double référence, à la fois à Pierre Jolivet et à Arnaud Desplechin. Il y a un des deux réalisateurs que je préfère largement à l'autre. Devinez qui ? Un indice : je suis un gros bobo et j'ai été abonné aux Inrocks quand j'étais jeune....C'est Desplechin.

Bon, je pense que j'ai déjà perdu les deux lecteurs qui ont, par mégarde, cliqué sur ce lien. Ok, ok, je fais référence, dans ce titre génial, à "Ma petite entreprise ne connait pas la crise", bien sûr, et à "Comment je me suis disputé (ou ma vie sexuelle)". Le deuxième clin d’œil est plus subtil, je vous l'accorde.

Oui, bon d'accord mais pourquoi ?

Eh bien tout d'abord, et pour en revenir aux basiques, parce que je suis en pleine préparation du marathon de Toulouse que je devrais "disputer" pour la deuxième fois de ma vie de coureur (la première fois c'était il y a deux ans).

La preuve, ce matin je me suis fait une bonne vieille sortie longue de 2h30 et de 26 km, ça calme pour le w-e.


Et oui la vie de marathonien n'est pas facile parce qu'elle est souvent compliquée à conjuguer avec le reste. Le côté chronophage, voyez-vous....Cela bouffe un temps fou. Et par dessus le marché ma vie professionnelle s'est enrichie d'une nouvelle activité. Je suis toujours projectionniste (à 80%) mais j'ai un nouveau boulot depuis 1 an et demi.

Attention , roulement de tambours, je retranscris le contenu de réunions  afin d'en dresser des procès-verbaux. Un peu comme un greffier. C'est complètement improbable, je sais, mais cela marche plutôt pas mal, à tel point que je me suis mis en auto-entrepreneur. On me refile de plus en plus de dossiers et je dois sacrifier certaines activités, comme ce blog que j'ai tendance à déserter. Il me faut faire des choix pour pouvoir continuer à courir.

Par miracle, ce w-e, pas de boulot, pas de dossier à retranscrire, donc j'en profite pour faire le point et essayer de rédiger quelque chose sur ce blog.
En tout cas, pas question de brader ma préparation...enfin, si un peu quand même, je voulais passer à 4 sorties par semaine mais je n'y arrive pas, alors je reste à 3, avec une sortie de plus en plus longue le w-e. Ça devrait passer. J'espère finir l'épreuve du 23 Octobre prochain, en meilleur état qu'à Bordeaux en avril dernier, et flirter avec les 4 heures, voire les 3h59 (la différence est énorme).

Ah tiens, je vous ai dit que j'avais couru le semi-marathon de Toulouse la semaine dernière ? Ben non, je n'ai pas eu le temps.

Cette course est un peu spéciale pour moi. J'y ai participé il y a deux ans et elle a marqué mon entrée dans le monde de la course à pied. Je portais un dossard pour la première fois et je finissais en 1h58, à la ramasse.

Dimanche dernier, donc, je remettais le couvert sur ce parcours que je connais un peu. Les sensations n'ont pas été mauvaises et je l'ai conclu en 1h50. Je savais que c'était ce que je valais, sans préparation spécifique, sur cette distance. J'étais content de constater que je concluais ce semi dans un état tout à fait acceptable. Pas de douleur ni de grosse fatigue. Avec 4 kilos de perdus depuis avril, c'est plus simple.


Voilà, voilà...j'ai fait le tour de la question pour aujourd'hui. Je crois que je vais me poser sur le canapé...c'est bon de ne rien foutre quand même, surtout quand on a couru 26 km.


dimanche 4 septembre 2016

10 km de Colomiers

Il faisait beau ce matin, presque trop, à l'heure où la corne de brume a résonné (10h15), lançant le départ de la 23ème édition des "Boulevards de Colomiers".

Colomiers ? Attendez, ça me dit un truc. Ah ben oui c'est là où je bosse. Le terrain était familier, donc, et les (nombreux) ronds-points presque amicaux tant j'ai l'habitude de les prendre en voiture.

Le décor était planté et les ambitions mesurées. J'espérais bien passer sous les 50 minutes et approcher, pourquoi pas, mon record personnel 47"54. Le petit hic restait quand même ces quasi 25° ressentis sur le macadam columérin.

Donc à 10h15 pétante, j'arborais, enfin, un dossard (le 104 peugeot) après 4 mois d’abstinence en matière de course officielle. Le ballon orange du meneur d'allure 50" que j'espérais bien dépasser dans les 2 ou 3 derniers kilomètres, devenait mon point de mire, que dis-je, mon obsession.

"Mais pourquoi va-t-il si vite ?", me répétais-je sans cesse. Mon chrono me confirmait bien mes 12 à l'heure, sauf que je voyais s'éloigner inexorablement celui qui devait être mon repère pendant toute la course.

Un 10 km n'a rien d'épique. J'aimerais pouvoir vous dire que j'ai doublé 800 coureurs, que j'ai fini en rampant, en pleurs, réconforté par Mme le Maire qui assistait à la course, acclamé par une foule en liesse et accompagné par l'orchestre symphonique de Berlin (venu spécialement pour l'occasion) mais...non...ma course a été des plus banales.

J'ai conclu le parcours en 49" 53 à la 350ème place sur 882 arrivants (81ème sur 204 vétérans 1). Le temps n'est pas super mais le classement me convient bien. Je vois que la chaleur a ralenti un peu tout le monde.

Un petit visuel pour conclure ce post exceptionnel ?

Ok mais ne me cherchez pas, je ne suis pas sur la photo.

(La course des gaminos, à 9h15 il faisait bon, c'est facile)

samedi 18 juin 2016

Retto

Après plus de deux mois d'absence, je reviens faire un petit coucou sur ce blog que j'ai un peu déserté. Il faut dire que dans ma vie de runner il ne se passe pas grand chose. Je continue à faire (à peu près) mes trente bornes par semaine mais je n'ai aucune course en vue, d' ici à septembre, je pense.

Pas de dossard à l'horizon. J''ai le running apaisé sans aucune préparation en cours. Je suis libre, quoi.

Le seul micro-évènement que je pourrais raconter, aujourd'hui, concerne un magasin espagnol de cyclisme et running ( c'est tout nouveau). Retto. Je  me suis vu  proposé  la rédaction d'articles  sur leur blog français. J'ai quelques avantages en contrepartie : mon poids en chorizo, une résidence secondaire sur la côte Basque et une roue de bicyclette.


Je ne souhaite pas faire dévier mon blog vers un quelconque mercantilisme, même si je fais un peu de pub dans ce petit billet, mais je ne suis pas contre certaines collaborations, surtout si cela me permet de devenir rédacteur, en quelque sorte, d'un blog de running (on dit pareil en espagnol). Cela se veut très généraliste et ça me va bien comme ça.

Ici, c'est plus personnel, je peux parler de mes ampoules sans aucune honte. Ce sont mes ampoules à moi et je fais ce que je veux avec.

Voilà c'était ma leçon de vie du jour. Peu importe la marque de tes baskets, c'est au nombre d'ongles sacrifiés que l'on mesure les kilomètres avalés. Je n'ai pas encore la traduction en espagnol, mais je vais me renseigner.

dimanche 17 avril 2016

Le mur 2 - Armand 1

 Mise au point


J'avais laissé ce sacré farceur de "mur du trentième kilomètre" au bout de l'avenue Mohammed V et d'un marathon de Marrakech au finish interminable, fin janvier 2015. J'avais encore en mémoire ces longues, très longues artères et cette chape de plomb qui ne m'avait pas lâché, m'essorant tel une vieille djellaba sur une dizaine de kilomètres.  Il ne restait plus qu'à me mettre  à sécher au balcon d'une Casbah de la Médina, attendre de retrouver des couleurs et un semblant de dignité.

Le mur m'avait mis une branlée et s'était vengé d'une première victoire inespérée à Toulouse.


L'épreuve marocaine avait duré 4h05 (temps réel) et pour la deuxième fois j'étais marathonien.
3 mois plus tôt j'avais connu un baptême très heureux sur cette distance mythique. J'avais maintenu, du début à la fin, un bon vieux 10km/h pour terminer en 4h10 (temps réel) sans véritable défaillance.

Entre Le mur et moi l'égalité était parfaite, chacun ayant eu sa victoire.

Faim de course


Et puis il y eut cet arrêt prolongé de 8 mois, d'avril à novembre, sans pouvoir mettre mes runnings pour cause de hanche récalcitrante, me frustrant d'un certain nombre de courses et d'au moins un marathon.

J'avais les crocs lorsqu'en décembre dernier, après une reprise inespérée, je me suis décidé à m'inscrire pour Bordeaux. Je ne savais pas si je serais suffisamment en cannes pour renouveler l'expérience des 42 bornes, mais j'allais tout faire pour. J'avais retrouvé de l’appétit pour la course à pied.

Je t'aime, moi non plus


Ah Bordeaux ! Je t'avais quittée, en mauvais termes, quelques 18 années plus tôt pour finalement te retrouver aujourd'hui et t'apprécier de nouveau. Il faut dire que tu as sacrément changé et je pourrais même me réconcilier avec toi.

Quoi de mieux pour célébrer cette nouvelle connivence qu'un parcours marathonesque et nocturne dans tes rues et tes domaines Pape-Clément et Pique-Caillou.

J'ai donc passé le premier trimestre 2016 à enchaîner les sorties et les kilomètres dans la mesure de mes capacités physiques (à peu près 50 bornes par semaine).


J'avais dans l'idée de démarrer plus lentement qu'à Marrakesh (un peu plus de 11km/h sur le premier semi marocain) mais de garder un rythme régulier (10.6 km) qui m'aurait amené, au final, vers un transcendant 3h59. En gros, dans mes rêves les plus fous, j'allais suivre le meneur d'allure "4 heures" et le dépasser dans le dernier kilomètre. C'est beau de fantasmer.

Déjà, mes divers chronos dans les trois premiers mois de 2016 ne me laissaient rien augurer de bon. Je m'étais, de toute façon, fixé comme objectif secondaire et plus réaliste de simplement le terminer, ce foutu marathon de Bordeaux. Ça, au moins c'était dans mes cordes.

 Juste une illusion


Et la première moitié du parcours m'a permis d'entretenir un peu le mirage. J'ai, en effet, clôturé le premier semi en 2 heures pile poil, accroché aux basques du groupe "4 heures", 10,59 km/h de moyenne c'était nickel.

Mais le ravitaillement du 25ème kilomètre a eu raison de mon ambition. En effet, le groupe ne s'arrêtant pas, il fallait à chaque fois anticiper, accélérer sur une centaine de mètres, boire, manger et retrouver les meneurs d'allure qui continuaient leur route.

Bien entendu, le retour à la réalité a été brutal et le 5ème ravito fatal. J'ai laissé filer le train sans pouvoir me raccrocher aux wagons. Impossible de rattraper mon retard.
Au contraire,  le drapeau "4 h" s'éloignait de plus en plus.

Et c'est au 27ème kilomètre que je sentis sa présence pesante... car il était bel et bien là, à m'attendre au coin d'une rue dans la nuit bordelaise....Le mur.

Aïe, je le reconnus tout de suite tandis que mon allure commençait à chuter (10km/h).
A partir du 30ème c'est plutôt un 9 km/h qui a commencé à s'installer pour m'amener à flirter, finalement, avec les 8 km/h.

Doigts de pied 8 - Armand 0


A vrai dire, je ne compte plus les ongles sacrifiés sur l'autel de la course à pied ni les ampoules accumulées sur cette distance. C'est donc aux alentours du 30ème kilomètre qu'un frottement au bout du petit doigt de pied gauche, depuis bientôt 3 heures,  a fait éclore une de ces fameuses petites cloques, pour le moins vicieuse. Mais en réalité j'avais mal partout, aux pieds, aux jambes, à la nuque...J'avais l'impression de courir sur des oeufs et en même temps mon corps pesait une tonne. Bref, je faisais une sacré omelette sur les pavés bordelais. Ah ! elle était loin la foulée aérienne médio-pied.

Et j'ai commencé à entendre des "Vas-y Moby" de djeunes dans un état pré-alcoolisé, et oui on approchait les 1 heures du mat et le marathonien en bout de course que j'étais devenait une cible facile.

Des relais relous ?


 Attention, que l'on ne se méprenne pas, je n'ai rien contre les relais. Mais quand on est écrasé par le mur, on aime bien se raccrocher à ses copains de galère, titubant et fraternisant dans la nuit girondine. Être dépassé en permanence par des relayeurs fringants casse, pour le moins, le moral. On a envie de gueuler aux spectateurs "Ne les applaudissez pas ! Ils n'ont fait que 10 kilomètres et nous on souffre le martyr ! C'est pas du jeuuuuuuuu !!!!!!". Je ne peux m'empêcher, à chaque fois, de jeter un coup d'oeil sur leur dossard et d'être un peu rassuré par le R de RELAIS. BANDE DE NAZES !

Je dis ça mais je vais peut-être, moi aussi, être relayeur en octobre prochain. Et je n'hésiterai pas à humilier des vieux marathoniens à l'agonie. Bref je m'égare.

Un sprint à 2 à l'heure


Bon, c'est pas le tout mais avec toutes ces considérations la ligne d'arrivée approche enfin. J'ai à peu près une demi-heure de retard sur mon objectif. Ma femme m'attend au bord de la route depuis 3/4 d'heure, elle a filmé tous les arrivants, de peur de me rater. Elle se plaindra plus tard d'une tendinite à l'épaule droite.

Et c'est au cours de ces derniers deux cents mètres que je me décidais à lâcher les chevaux...enfin les poneys devrais-je dire, pour entamer une ultime accélération, histoire de dépasser cette concurrente qui penche à droite telle la tour de Pise et que j'ai en ligne de mire depuis un bon bout de temps. Il est temps de faire parler la poudre et de laminer cette concurrente inclinée. Évidemment, le moment n'était pas des mieux choisis pour que mon ampoule me rappelle à son bon souvenir. Subissant une dernière pression, c'est dans ce finish infernal qu'elle a décidé de littéralement exploser dans ma chaussure, dans un ultime acte suicidaire. Une violente douleur, partant de mon petit doigt de pied et remontant jusqu'à mon cerveau usé a eu raison de mon finish. Je franchis la ligne en 4h26 (temps réel) de ce foutu marathon de mes deux de Bordeaux.

Alléluïa !


Oui ! C'est beau ! Bon sang, je suis finisher du marathon de Bordeaux ! Le mur m'a encore une fois aplati comme une crêpe.

Ok, respect à lui... mais j'ai déjà envie de le re-défier. Probablement en octobre à Toulouse, sur mes terres. La première fois cela m'avait bien réussi et je compte bien remettre les pendules à l'heure (aux alentours de 4 heures).

(Di Caprio, dans Titanic)

Quand on aime, on ne compte pas.


samedi 9 avril 2016